Après un premier album qui leur a apporté le succès dans leur pays et la reconnaissance sur les circuits internationaux des musiques d’essence patrimoniale, les Portugais de Deolinda ont choisi la voix de l’évidence. Si l’effet de surprise du précédent Canção Ao Lado n’est pas renouvelé, leur fado délesté de pathos et la recréation de traditions sagement jazzifiées procurent les mêmes sensations de fraîcheur et d’insouciance. La maîtrise technique est en progression, la théâtralité de l’interprétation reste légère et les compositions suivent la plaisante direction précédemment esquissée. Sans nier la cohésion de l’ensemble, on peut regretter le manque de relief, l’absence de prise de risques, un trop grand contrôle émotionnel ou une certaine uniformité. On peut aussi voir les choses autrement et apprécier l’équilibre de cette musique tempérée qui n’a d’autre prétention que de nous être agréable.